Villa El Chocón : sur les traces des dinos !

IMG_5569rPremière étape de notre roadtrip en Patagonie : Villa El Chocón, petite bourgade perdue dans la province de Neuquen.

Point de départ : la ville de Neuquen

Notre trajet en bus de 15 heures depuis Buenos Aires s’est tranquillement passé, bien que nous ayons eu un petit supplément de 2 heures. En Argentine le bus part toujours à l’heure mais on sait pas trop quand on arrive !

Il faut dire que le bus est tout confort. Nous sommes à l’étage, nickel pour la vue. Dîners chauds et petits déjeuners nous sont servis par un gentil steward. Nous avons pris des places « camas » (lit en espagnol) : nous avons de grands sièges inclinables bien larges dignes d’une classe affaire Air France. Bon c’est pas non plus de vrais lits et nous avons finalement dormi en pointillés.

Après 17h de bus, nous débarquons dans la « estacion de omnibus », qui est énorme mais quasi vide à mi-journée. Au moins une 50aine d’emplacement de bus, avec une tour de contrôle pour gérer tout ça, un mini-aéroport en fait !

Notre première mission : s’enquérir d’une voiture de location pour faire notre road-trip. Coup de bol, il y a une agence Europcar (prononcer « éhouropkarrrrrrr » ! ).  Deuxième coup de bol, une voiture est dispo pour nous à un prix qui est très honnête pour le pays, environ 35€/jour, incluant le papelard qui nous permettra de passer au Chili. C’est donc bon, demain nous aurons notre… Renault Kangoo !

La gare de bus est un peu loin du centre, nous prenons donc le taxi. Le type est antipathique au possible, ça nous rappelle Paris. Le taximètre défile à toute allure et nous flairons l’arnaque. Nous arrêtons le taxi plus tôt que prévu  et payons sans râler, vaut mieux éviter les esclandres dans ce pays. Après coup, une vérification sur internet nous montre qu’en fait les tarifs des taxis sont plus élevés qu’à Buenos Aires. Pas d’arnaque donc, mais un chauffeur bien c…

Nous posons nos sacs dans un petit hôtel sans charme, l’hôtellerie est plutôt chère ici ! Puis nous nous baladons. La ville, capitale de la province de Neuquén et cité la plus importante de Patagonie, n’a rien d’extraordinaire. Seul son « Museo Nacional de Bellas Artes », une annexe du musée principal de Buenos Aires (un peu comme notre Louvre et Louvre-Lens), vaut le détour. C’est un petit musée qui retrace l’histoire de l’art en Argentine, et expose notamment l’influence des peintres européens sur le pays. Une autre zone propose des œuvres plutôt art moderne, issues d’un concours de jeunes artistes argentins. Le musée est gratuit, pas trop grand et vaut vraiment la peine, même pour des néophytes comme nous !

Le reste de la ville est pas terrible. On s’en fout demain matin à nous la Patagoniiiie !

Go go go !

Dès qu’on sort de Neuquen, le ton est donné : des kilomètres de routes bien droites au milieu de la steppe. On sent que les types de la DDE ici se sont pas foulés (remarque, je crois que c’est un dénominateur commun dans tous les pays) : ils ont juste tiré un trait à la règle entre chaque ville à relier. Le paysage est semi-aride, il commence à y faire un peu froid en cette saison. La terre est rouge, peu d’arbres mais uniquement des buissons, herbes et broussailles tapissent le sol. C’est répétitif et d’une platitude infinie, mais ces grandes étendues font le bonheur des éleveurs de bovins. Chose étrange, l’air dégage une odeur de terre glaise mélangée aux senteurs d’herbes du maquis, ça fleure bon la nature !

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Nous nous rapprochons de Villa El Chocon, et là nous tremblons de peur : un panneau a été croqué par ce qui semble être un terrible dinosaure.

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Plus loin, nous sommes attaqués par un dino énorme qui manque de nous bouffer tous crus. Heureusement notre Kangoo est rapide et nous le semons valeureusement !

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Pas de doute, nous sommes en plein dans Jurassik Parc !

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El Museo Paleontológico Ernesto Bachmann

Jurassic Park ?? Eh oui, la petite ville est dédiée au tourisme paléontologique depuis quelques années. La Patagonie est une terre propice aux fouilles, et de nombreux squelettes de dinos y ont été découverts. En particulier à Villa El Chocon fut découvert par Rubén Darío Carolini, en 1993, un squelette superbement conservé d’un Giganotosaurus carolinii, un des dinosaures carnivores les plus grands du monde, qui serait même plus grand que le fameux T-Rex.

Un musée a donc été édifié à cet effet pour exposer le monstre. L’entrée coûte 20 pesos, soit 1,50€ !

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Nous y admirons donc le fameux squelette du giganotosaure disposé à terre genre on vient de le découvrir ! C’est très rare de voir un vrai squelette, car dans tous les musées du monde c’est souvent la réplique que l’on peut admirer. Une autre salle nous présente son ossature à taille réelle. Nous reconnaissons bien le dino qui nous a poursuivis tout à l’heure, on le préfère mort ! Il est terrifiant, mais le pauvre a les bras tout atrophiés, ça le rend un peu comique.

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On peut aussi admirer d’autres espèces découvertes dans la région, notamment le Carnotaurus, cousin carnivore du précédent (à gauche sur la photo)

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Plus loin, un Amargasaurus, un placide herbivore de 10m de long qu’il fallait mieux pas titiller sous peine de se frotter à ses épines dorsales !

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Un petit musée super intéressant, pas cher, qui explique bien les choses sans risquer l’overdose et surtout exposant un vrai squelette. Un must !

Le centre-ville

Nous visitons ensuite la petite ville : en tout une supérette, un petit resto et quelques échoppes. Y a quasiment aucun touriste, nous sommes tranquilles ! La ville fut à l’origine édifiée pour les travailleurs qui œuvraient sur le chantier du barrage d’El Chocon. Les maisons sont toutes identiques et ressemblent à de petits bungalows de villages vacances. Au final, on se croit dans une tranquille station balnéaire de bord de mer !

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Le barrage

Il nous faut donc aller voir le fameux barrage qui borde la ville. Il a été édifié sur le lit du Rio Limay, en priorité pour gérer les ressources en eau durant la saison sèche, mais aussi contrôler les crues à la fonte des neiges et lors des pluies estivales. La majeure partie de l’eau est donc utilisée pour les cultures et l’usage humain. Une partie est aussi utilisée pour générer de l’électricité. Le lac ainsi formé par le barrage est plus grand que le lac Léman, avec  24 000 km² ! La vue est simplement époustouflante !

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L’hébergement

Nous nous mettons ensuite en quête d’une « Cabaña » : à l’origine c’étaient de petites cabanes que les habitants construisaient dans leurs arrière-cours pour héberger les touristes de passage, cela permettait d’arrondir les fins de mois, tout cela étant plus ou moins au black.

On avait donc l’image de petites cabanes un peu « roots » et pas trop chères. Ben visiblement ça a bien changé : les cabañas ont pignon sur rue, et en guise de cabanes ce sont de véritables maisonnettes tout confort avec cuisine, salle de bain, séjour et lit bien confortable.  Il y a différents standings, et finalement ça peut revenir assez cher. Nous en visitons une un peu au-dessus notre budget, la patronne est sympa mais ne descend pas son prix. Sachez que l’Argentin a sa fierté et préfère ne pas faire une vente plutôt que de baisser son prix, il n’a pas besoin de votre argent !

Nous nous rabattons donc sur un petit hôtel plein de charme, un peu à la provençale. Nous le négocions 300 pesos, soit 23€. L’ « Hôtel del Chocon » est situé en dehors de la ville, à l’entrée d’un autre petit village, d’où nous allons continuer nos aventures !

EL cañadon Escondido 

La journée n’est pas finie, nous devons partir à la recherche d’un canyon qui se situe dans le coin, le « cañadon Escondido ». Le tourisme en est à ses balbutiements ici, nous avons bien une carte donnée à l’office de tourisme, mais elle est imprécise et y a pas de panneaux. Nous nous engageons sur une piste dans la brousse et trouvons finalement un chemin qui semble y mener. La Kangoo, contente de son premier hors-piste, n’est pas peu fière de négocier les ornières et nids de poule et nous amène à bon port. Devant nos yeux s’étale sur plusieurs kilomètres une crevasse large d’une 20aine de mètres et profonde de 80 mètres.

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Le canâdon se jette plus loin dans le lac. Il est possible d’y accéder en kayak par le lac puis de marcher dans le fond. D’où nous sommes, nous nous contentons de l’admirer d’en haut, il n’y a aucune possibilité d’y descendre. Nous sommes seuls et la vue en contre-bas est  à couper le souffle, ambiance Far West garantie !

Sur les traces des dinos

Bien décidés à rendre la monnaie de sa pièce au dino qui nous a effrayés ce matin, nous nous mettons sur sa piste. Nous avons entendu dire que des traces de dinos ont été repérées non-loin de là. Nous trouvons enfin les traces au bout d’un chemin en bordure du lac. Pas de panique, le dino semble être parti depuis 150 millions d’années, mais ses traces elles sont bien restées marquées dans la roche. Une passerelle métallique permet d’en fait le tour pour les observer.

C’est incroyable, les traces sont tellement nettes qu’on imagine le dino en train de déambuler ! Il doit bien chausser du 120 ! A quelques encablures, on peut observer une autre série de traces.

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Nous demandons combien de temps encore ces traces seront visibles. Rien n’est fait pour les préserver des éléments naturels et le lac artificiel et là juste derrière à quelques mètres seulement !

Nous rentrons à l’hôtel après cette journée bien remplie. Au dodo, on va probablement cauchemarder !

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2 bafouilles

  1. MARRAINE

    C’est pas gentil de se moquer des agents de l’ex DDE. Je te rappelle que c’est moi qui gère ceux de la Vendée…

  2. Daniel

    Pendant votre trip en Patagonie, pensez à vous faire payer l’apéro par Florent PAGNY. Il a une propriété par la bas.
    Bon voyage. A plus.

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