Tortuguero (31/07-01/08)

IMG_8724rLa traversée en bateau

Avant de prendre le bateau pour Tortuguero, nous devons prendre un bus de Cahuita à Limon puis un taxi jusqu’à Moin. A Limon, deux Italiens nous demandent si on veut bien partager le taxi avec eux jusque Moin. On accepte illico presto.

On retrouvera nos amis italiens dans le bateau, à notre cabina (logement) ainsi que dans nos excursions à Tortuguero.

Le trajet en bateau est super. Notre capitaine est un comique. Nous sommes 8 à bord et payons 35 dollars chacun (pas donné quand même). Nous empruntons différentes rivières qui forment un véritable réseau. Parfois, on débouchait sur la mer et on reprenait immédiatement une autre rivière.

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Sur les bords de rivière et dans les arbres, nous avons vu des paresseux, des singes, des crocos, des oiseaux et des tortues. Le capitaine s’arrêtait quand on voulait. Au bout de la 1ère rivière, lorsque nous voyons la mer, le capitaine devait se frayer un passage pour atteindre l’autre rivière. Manque de bol, il n’y avait pas assez d’eau (je me demande comment ils font en saison sèche) et nous avons dû passer par la mer, très agitée. J’avoue avoir eu un peu peur mais on s’en est bien sorti. Le capitaine, fier de lui, a fait un check avec tous les passagers. David a même vu l’aileron d’un dauphin dans la mer (à moins que c’était un requin).

4h plus tard, nous arrivons à Tortuguero et nous rendons aux cabinas Balcon del Mar qui donnent face à l’océan.

Activité : observation de la ponte des tortues

Alejandro, un guide, se présente à nous pour nous parler des activités qu’il est possible de faire : observer les tortues pondre de nuit (ça se fait uniquement avec un guide, c’est très encadré), un tour en canoé dans leurs réseaux de canaux pour observer les animaux et une rando dans le parc naturel de Tortuguero.

On est en pleine saison de pontes des œufs pour les tortues. On s’inscrit donc pour ce soir, en espérant voir des tortues (on ne peut pas forcer la nature). Alejandro nous indique aussi qu’au 1er août (demain) l’entrée de tous les parcs nationaux du Costa Rica passe de 10$ à 15$. Pas de bol, on n’a pas le droit d’acheter les entrées du jour pour lendemain !

Avant de partir observer les tortues pondre, on déjeune-dîne avec nos amis italiens Gabriele et Piero ainsi qu’un anglais Sebastian : poulet coco pour moi et porc au fruit de la passion pour David. Excellents !

Il y a 6 zones différentes sur la plage pour l’observation des tortues. A la tombée de la nuit, les rangers vérifient qu’il n’y a plus personne sur la plage. C’est formellement interdit.

Il y a deux créneaux horaires pour observer les tortues : 20h-22h et 22h-minuit. Un tirage au sort est effectué parmi les guides pour que certains décident de leur créneau horaire et zone d’observation.

Auparavant, les habitants de Tortuguero tuaient les tortues pour les manger. Depuis 1975, le village œuvre pour la protection des tortues. Il se dit qu’une tortue vient généralement pondre là où elle est née.

Nous faisons partie du groupe de 20h. Nous sommes 7 dans notre groupe plus le guide et il y a de très nombreux autres groupes. Nous patientons et attendons que les rangers aient trouvé des tortues prêtes à pondre sur la plage. Ça y est, nous avons le droit de nous rende près de la zone où une tortue a été aperçue. Nous devons attendre qu’elle soit prête à pondre.

Les photos sont interdites, pour ne pas déranger les dames tortues !

De la copulation à la naissance

Les tortues s’accouplent dans la mer (ça dure apparemment 3h) puis au bout de 15 jours, les œufs sont prêts. La tortue vient alors de nuit sur une plage. Elle creuse avec ses pattes avant  un trou pour se mettre dedans de sorte qu’elle ne soit pas vue par les prédateurs. Si elle rencontre des déchets ou des bouts de bois, alors elle va ailleurs. Le 1er trou creusé, elle creuse un 2nd trou avec ses pattes arrière pour y pondre ses œufs. Pendant toute cette 1ère étape, il ne faut surtout pas la déranger. Un ranger veille au grain, toute lumière est interdite. Il va voir de temps à autre si notre tortue est prête à pondre ses œufs avec une lumière rouge pour ne pas effrayer la tortue.

Le temps passe et à 21h45, notre tortue est enfin prête à pondre. Elle rentre en transe. Elle a près de 200 œufs à pondre. A ce stade, nous ne la dérangeons pas. Nous sommes le 1er groupe à pouvoir aller la voir. Elle est face à la mer, nous sommes derrière elle. Alejandro éclaire son arrière-train avec sa lumière rouge. C’est unique ! Il y a entre 1 et 3 œufs à sortir à chaque fois, toutes les 45 secondes à peu près. La coquille est toute molle. Les œufs sont blancs et font la taille d’une balle de ping-pong.  J’aimerais rester des dizaines de minutes à l’observer mais il faut partager notre tortue avec les autres groupes car nous n’avons qu’une tortue à observer pour tout ce que nous sommes (une bonne soixantaine).

Nous ne le verrons pas mais une fois terminée sa ponte, la tortue recouvre les œufs avec du sable. C’est l’étape du camouflage. La température détermine le sexe des futures tortugas : les femelles sur le dessus, avec la température la plus chaude et les mâles en-dessous dans le tas d’œufs.

Elle brouille les pistes pour les prédateurs en laissant du liquide amniotique un peu partout pour ne pas dévoiler le lieu exact du nid. Alejandro nous dit que sur 1000 œufs, seul 1 deviendra petite tortue. En cause : les chiens, les ratons laveurs, les oiseaux, le jaguar et surtout  l’homme (business lucratif, l’œuf de tortue valant environ 4$, des personnes ne vivant pas à Tortuguero viennent voler les oeufs).

Ça y est, la tortue peut repartir à la mer. Elle a fait le boulot et dans 50 à 60 jours, les œufs (qui n’ont pas été mangés par les prédateurs) écloront. Tout ce « procédé » demande 2h30 environ à la tortue. Nous sommes chanceux et très heureux d’avoir vu une tortue pondre même si nous n’avons pu l’observer qu’un temps très court.
Nous rentrons à l’hôtel trempés des pieds à la tête. C’est la saison des pluies. Il pleut de toutes façons tous les jours toute l’année à Tortuguero mais là c’est bien pire qu’en Normandie, qu’en Bretagne, qu’au Royaume-Uni et qu’en Asie du sud-est par temps de mousson réunis ! La bruine bretonne à côté c’est du pipi de chat.

Le pire, c’est qu’il fait tellement humide que nos affaires ne peuvent pas sécher dans la chambre.

Le vendredi matin, réveil à 5h pour aller faire du canoé. On a passé une nuit de merde : orages, pluies violentes et une souris (encore mais plus grosse qu’en Colombie) qui nous a rendu visite. Bref, on a quasiment pas fermé l’œil de la nuit.

De plus, la pluie n’a pas cessé de la nuit et continue. Ça va être sympa la balade en canoé !! C’pas grave, on retrouve Alejandro et nos potes italiens et anglais. On a nos k-way, on y va pieds nus et c’est parti mon kiki.

Nous naviguons sur le canal dans le parc naturel de Tortuguero et observons de près : une énorme iguane, un lézard qui marche sur l’eau appelé le Basilic, des singes, des oiseaux, des mini chauves-souris grosses comme un pouce et d’énormes araignées (j’en ai jamais vu de si grosses et j’ai juste pas envie qu’elles tombent dans le canoé).

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La balade se fait sous une pluie battante, pas de répit. On aurait mieux fait d’y aller tous tout nus, au moins, nos fringues seraient sauvées. On en profite bien. Alejandro est un très bon guide, sympa et on prend beaucoup de plaisir à être tous ensemble à ramer (comme je suis la seule fille, ce sont les mecs qui rament !).

Arrivés à l’hôtel, la pluie se calme un peu, ça fait du bien. J’ai l’impression qu’il pleut depuis 12h non-stop. Une petite douche, on se met au sec et nous sortons faire un tour dans le village à la 1ère accalmie. Sauf que l’accalmie est de très courte durée mais nous arrivons à nous abriter.

L’après-midi, il pleut tellement que nous nous posons dans les hamacs devant notre chambre bien abrités et abandonnons l’idée d’aller randonner dans le parc naturel. On prépare la suite du voyage et discutons avec Sebastian. Les Italiens sont déjà repartis. Ils n’ont que 2 semaines et veulent en profiter un max (en gros, ils n’arrêtent pas de courir et ne pas profitent pas bien de chaque lieu où ils se rendent, c’est un choix de voyageur).

 

3 bafouilles

  1. MIMI

    Ah je croyais que vous étiez rentrés lol

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