L’île de Chiloé : à la découverte des églises en bois ! (30/04 – 05/05)

IMG_6019rAujourd’hui nous devons nous diriger vers Puerto Montt, qui sera notre port d’embarquement pour le ferry nous menant sur l’île de Chiloé. Pour cela, nous devons tout d’abord passer la frontière, l’Amérique du Sud c’est pas l’Europe !

Le passage de frontière se passe très bien côté Argentine, ils s’en foutent car on sort du pays. Nous traversons ensuite la Cordillère des Andes par un joli parc naturel aux paysages très déchiquetés, entre falaises impressionnantes et forêts de sapins. Le sol est sablonneux, c’est très surprenant en altitude. La route est super bonne et y a pas un pèlerin, on trace !

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Une trentaine de kilomètres plus loin, nous arrivons donc à la douane chilienne. Après la paperasse, nous sommes cordialement invités par les agents à sortir nos sacs de la voiture. Rapidement 4 ou 5 douaniers s’affairent : ils ouvrent toutes les portes, auscultent  les moindres recoins avec un miroir, vident nos petites affaires. Notamment un petit porte-bonheur stocké entre 2 cotons dans un petit sachet plastique attire leur attention. Nos têtes un peu louches (grosse barbe pour moi et sourire «Miss France » pour ma moitié) attirent l’attention d’un fonctionnaire zélé et moustachu. Celui-ci nous enjoint à tout lui avouer : drogue, marijuana, cigarillos, etc… OK, vous voulez pas avouer ? Je peux faire venir le chien ? Le gentil chien saute dans voiture, cabriole sur les sièges, tourne et retourne, va voir du côté du moteur… Y a pas d’os, on est clean ! Bon, on se sera fait quand même confisquer un kilo de pommes et un brin de lavande. La « dulce de leche » (confiture de lait) est bien passée elle. Moi je la classerais pourtant dans les stupéfiants à effet addictif immédiat !

Nous sommes passés et filons le long de la route « entrelagos » (entre les lacs). Cette route filant d’est en ouest nous permet de rejoindre ensuite la seule et unique autoroute du Chili, seul axe nord-sud et qui constitue la colonne vertébrale du pays. Cette autoroute forme d’ailleurs un tronçon de la fameuse « panaméricaine », qui démarre en Alaska pour terminer à Ushuaia. Un petit arrêt à la ville d’Osorno nous permet de retirer nos premiers pesos chiliens.

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Nous nous engageons ensuite sur la panaméricaine sous une pluie battante pour descendre vers le sud et nous arrêtons le soir à Puerto Montt, jolie ville assez dynamique et capitale de la région des lacs. Nous n’avons pas de logement, à l’office de tourisme Marie est aidée par une dame qui appelle pour nous une cabaña dans nos tarifs. Trop sympa !

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Nous consacrons la journée du lendemain  à visiter le centre-ville et les villes alentours. Premier stop à Puerto Varas, jolie petite ville en bord de lac. C’est le 1er mai, jour férié bien respecté au Chili. Beaucoup de familles flânent le long de la promenade. Sur le trajet, nous constatons que les habitations sont pour la plupart en bois et de préférences peintes de couleurs chatoyantes. La ville suivante, LLanquihue ne vaut pas le détour.

Introduction à Chiloé

Le 02/05, départ pour l’île de Chiloé (plus exactement un archipel). Nous prenons le ferry qui semblait nous attendre, et après 30 minutes débarquons à Chacao, le point d’entrée de l’île, puis filons vers Ancud, première ville intéressante. L’île de Chiloé mesure 190km du nord au sud et environ 60km de large. Malgré son relatif isolement, la fréquence des ferrys permet une très bonne desserte et l’île héberge 155000 âmes.

L’île a eu une histoire à part : les mapuche, communauté aborigène originaire de Patagonie, donnèrent beaucoup de fil à retordre aux espagnols, au XVIIè siècle, pour la conquête du sud chili. Les conquistadores avaient finalement tout de même réussi à contourner ces salopiauds d’autochtones et arriver sur l’île de Chiloé, qui fut par la suite convertie au christianisme par des jésuites, tout en conservant de vieilles croyances Mapuche.

A titre d’exemple, vous êtes susceptibles de croiser le long des côtes le Caleuche, un bateau fantôme qui transporte les âmes des marins morts en mer. Mais si vous êtes une femme, ne croisez jamais le regard du Trauco, sorte de nain sylvestre qui peut vous hypnotiser et vous forcer à faire crac-crac. Bien pratique pour servir d’excuse lors des grossesses non désirées :-)

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Ancud

Nous traçons rapidement vers Ancud, 40000 habitants et trouvons une « Hospedaje », logement chez l’habitant. Il n’y a pas beaucoup de touristes en cette saison, nous sommes seuls dans la maison. Il faut croire qu’habiter sur une île ne rend pas très causant, la petite bonne femme qui nous accueille a un tempérament corse et va à l’économie dans ses paroles !

La petite bourgade est posée le long de la côte occidentale de l’île et est exposée aux humeurs de Poséidon. Pluie et vent à décorner un cocu. On se croirait en Bretagne, l’ambiance port de pêche avec toutes ces maisons en bois est vraiment sympa et invite à la flânerie.

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Pause culturelle au musée qui n’est pas transcendant mais qui relate le séisme violent qui a eu lieu en 1960, provoquant un tsunami gigantesque qui avait dévasté l’île et causé des centaines de morts. La prévention est aujourd’hui de mise : des sirènes d’alerte sont dispersées partout sur l’île, et des panneaux indiquant les voies d’évacuations vers les hauteurs sont légion.

Nous nous baladons ensuite sous les halles du marché. On y trouve les légumes de saison, les mêmes que chez nous en automne, et surtout de fabuleux fruits de mer très réputés. Nous prenons 2 kilos de grosses clams à manger crues et quelques huitres, le tout nous revient à 2,5€, tarif imbattable !

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Le soir, nous nous installons confortablement pour notre festin accompagné d’un bon blanc chilien. Marie réalise l’exploit de manger des clams et des huitres crues, et trouve même ça plutôt bon ! Il n’est jamais trop tard pour changer d’avis !  Les clams sont très charnues et très goutues. C’est un délice !

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Les églises de Chiloé

Chiloé est connue pour ses églises en bois, dont 16 sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Lorsque les jésuites débarquèrent pour christianiser la peuplade locale, les « Huiliches », ils leur confièrent la construction de leurs églises paroissiales. Les laics chargés de ce travail se tournèrent donc vers leurs propres techniques de construction en bois, choisissant eux-mêmes avec soin leurs arbres. Ce mode de fonctionnement a été considéré par beaucoup comme un mariage réussi entre les traditions européennes et autochtones. Il faut dire que le résultat et réussi : le bois confère à ces lieux une atmosphère chaleureuse, renforcée par l’usage de couleurs vives. Ces églises sont tout simplement magnifiques !

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Nous consacrons donc nos journées suivantes à la visite des églises de l’île.

Aucar

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Colo (Unesco)

Un riverain va chercher ses clefs pour nous montrer l’intérieur. C’était pas innocent, il nous propose ensuite de déjeuner chez lui. Repas de saumon et merlu, à peine cuits (à la mode chilote) et délicieux !

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Tenaun (Unesco)

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San Juan (Unesco)

Temps trop moisi, pas de photo !

Dalcacahue (Unesco)

Temps trop moisi, pas de photo !

Ïle de Quinchao : églises de Curaco de Velez et Palqui

Un autre ferry nous permet de rejoindre en 5 minutes cette petite île. C’est la tempête ici, nous dormons dans une Hospedaje à Achao.

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Castro (Unesco)

L’église de Castro est très belle, toute jaune et violette. L’intérieur vaut le coup pour ses reproductions miniatures des églises de l’île. La ville est aussi célèbre pour ses « palafitos », maisons sur pilotis, toutes colorées elles aussi.

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Nercon (Unesco)

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Vilupulli (Unesco)

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Chonchi (Unesco)

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Et pour le fun, un p’tit saut !

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