Canal de Panama (22/07)

IMG_8588rNous nous levons ce matin pleins d’entrain car aujourd’hui nous allons faire du tourisme industriel : vamos al Canal de Panama !

Mais avant cela, nous descendons au RDC de notre hôtel prendre le petit-déjeuner. La dame à la réception nous annonce que celui-ci n’est pas inclus. Notre réservation sur le site Booking nous indiquait pourtant bien que si! Après de multiples palabres avec la madame, nous faisons une démonstration de réservation sur le site ouèbe, elle est bien obligée d’abdiquer, on y peut rien s’ils maitrisent pas leur gamme de tarifs !

Nous chopons donc un taxi pour aller aux écluses de Miraflores, à une quinzaine de kilomètres de la capitale, lieu ouvert aux touristes pour admirer les navires passer ce canal mythique.

Un peu d’histoire

Le creusement d’un canal entre les deux océans fut très tôt envisagé. Charles Quint (entre-autres roi d’Espagne) mentionna dès 1534 une telle idée pour pouvoir faciliter ses échanges avec le Pérou et l’Equateur. Il fallut attendre Ferdinand de Lesseps, qui venait d’achever le Canal de Suez, pour se lancer dans les travaux à partir du 1er janvier 1882.
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Malgré des moyens considérables, le projet, qui consistait  à creuser un véritable canal sans écluses, fut abandonné. Quelques histoires politiciennes de corruption n’y furent pas pour rien, sans compter les innombrables ouvriers morts de la fièvre jaune.

Le projet fut repris par les amerloques ayant obtenu en 1903 les droits d’exploitation, mais fut modifié pour reprendre une idée de Gustave Eiffel d’utiliser des systèmes d’écluses.

10 ans et 27500 ouvriers morts plus tard, le canal fut inauguré le 15 aout 1914 par les Américains.

En 1999, le contrôle du Canal est entièrement rétrocédé au Panama, les USA ne conservant plus qu’un droit de priorité de passage pour ses bateaux.

Disposition

Initialement, le canal était pensé comme un simple creusement d’est en ouest, reliant les 2 océans. Devant la difficulté des travaux d’excavation que cela aurait engendré, un système ingénieux d’écluses fut imaginé :

  • le rio Chagres est « bouché » par un barrage, ce qui permet de créer un lac artificiel navigable au centre du canal.
  • Ce lac étant donc plus haut que le niveau des deux océans, 2 systèmes d’écluses côtés Pacifique et Atlantique permettent aux bateaux de « monter » au niveau du lac (en réalité il y a 3 systèmes d’écluses : 2 côté Pacifique, avec un autre lac artificiel intermédiaire).
  • Bien sûr, de part et d’autres du lac, des canaux ont été percés pour accéder aux écluses depuis les océans.

« Panamax »

Le système d’écluses, qui n’a quasiment pas évolué pendant un siècle, constitue maintenant un frein au développement économique du pays. En effet, leurs dimensions sont restreintes pour les gros porte-conteneurs : 33 mètres de large, pour 304 mètres de long. Ces dimensions déterminent donc la taille maximum des navires, le « panamax ».
IMG_8549rAfin de pouvoir permettre à de plus grands navires de naviguer, un référendum national a été voté en 2006, pour avaliser le projet gigantesque de construire de plus grandes écluses, et d’élargir certains passages, ce qui permettra de faire passer des navires portant jusqu’à 12000 conteneurs, contre 4000 aujourd’hui (taille panamax) !

Quelques anecdotes

  • Le droit de passage le moins élevé fut payé par un aventurier, Richard Halliburton, qui passa le canal à la nage pour la modique somme de 36 cents
  • Le droit de passage le plus élevé fut de 249365$, par un porte-conteneurs en 2006.
  • Chaque passage de bateau fait écouler dans les océans, par les systèmes d’écluses, 197 millions de litres d’eau provenant de la retenue, soit environ 80 piscines olympiques !
  • 1 million de navires sont passés par le canal depuis sa création
  • L’administration du Canal utilise de nombreux bateaux d’entretien, dont l’amusante « drague à godets ». Les plus pervers y verront une technique permettant de ramener une belette dans son lit après l’avoir fait picoler. Il s’agit en fait d’un navire permettant d’enlever la vase au fond du canal !
  • Cas unique au monde, les commandants de bord des bateaux sont dans l’obligation de passer le relais à des pilotes certifiés par l’administration du Canal et spécifiquement formés aux particularités des lieux.
  • Certains passages ne permettent pas aux bateaux de se croiser, aussi généralement au niveau des écluses les bateaux passent dans un sens le matin, et dans l’autre l’après-midi.

Le show !

Nous assistons donc au passage de 2 navires le temps de notre visite. Ceux-ci viennent du côté Atlantique et franchissent le dernier système d’écluses, le « Miraflores », leur permettant de redescendre au niveau du Pacifique.

Le premier bateau est un porte-conteneurs relativement modeste. C’est tout de même très impressionnant de voir ce building flottant passer dans l’étroitesse des écluses. Afin d’éviter toute collision sur les bords, le bateau est tracté par des « mules », des locomotives qui le hâlent le long de rails disposés de chaque côté. Pas le droit à l’erreur…
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Le 2ème bateau est un chimiquier, très impressionnant aussi !
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Le musée

Le complexe touristique est très bien fait et propose un musée très intéressant qui retrace l’histoire, les techniques utilisées, la topographie du Canal, la faune et la flore locales, etc.

Sans oublier un court film 3D digne du Futuroscope.
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Au final, nous y passons ici une bonne partie de la journée avant de rentrer en ville en fin d’après-midi. Il y a peu de taxis à la sortie du complexe, on nous propose un meilleur prix à 8$ pour rentrer, alors qu’on a payé 5$ à l’aller. En mode prise d’otage quoi ! Pas cons, on n’accepte pas et marchons 10 minutes vers la route principale, où nous trouvons un chauffeur honnête !

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